Préparer la Fête de la Toussaint

« Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle amis » (Jean 15,15). Vivre en amis de Jésus, c’est cela la sainteté. Les saints honorés dans l’Église l’ont été souvent d’une manière héroïque ; mais l’appel de Jésus nous concerne tous. L’amitié avec Jésus, la sainteté, est la vocation de tout baptisé.

Thérèse de Lisieux, enfant, s’étonnait que Dieu ne donne pas les mêmes grâces à toutes ses créatures jusqu’au jour où elle comprit que, dans un jardin, «  toutes les fleurs que Dieu a créées sont belles, que l’éclat de la rose et la blancheur du lys n’enlèvent pas le parfum de la violette ou la simplicité ravissante de la pâquerette. » Elle avait compris que le Créateur se réjouissait de la beauté de toutes ses créatures, de la sainteté de tous ses enfants, qu’elle soit éclatante et rayonnante ou modeste et connue de lui seul.

Ils se trompent donc, ceux qui s’imaginent que la sainteté est l’affaire de quelques privilégiés, les autres se contentant de les admirer et de les prier. Il est vrai qu’on peut se sentir bien petit devant ces êtres héroïques que l’Église, en les canonisant, propose à notre vénération.

Strictement parlant, seul Dieu est « saint ». Mais son Fils, qu’il a envoyé parmi nous, a communiqué aux hommes la vie divine, participation à la sainteté de Dieu. Il est lui-même le chemin qui conduit au Père, celui dont nous disons qu’il est le seul saint. C’est là le sens de notre baptême.

Une fausse sainteté
Certaines personnes, poussées par un désir de sainteté, se fixent un programme de vie qui, pensent-elles, doit les y conduire. Ce peut être louable si ce projet a été établi dans la prière et la réflexion et s’il est la concrétisation de ce que Dieu leur a vraiment inspiré. Mais, trop souvent, ce plan est élaboré selon l’idée qu’on se fait de la sainteté ou pour imiter un saint admiré sans se demander si sa route est aussi la nôtre. La sainteté devient alors une performance personnelle entachée de vanité, avec un risque de découragement en cas d’échec, ce qui arrive le plus souvent. C’est Dieu qui nous fait découvrir notre route de sainteté et qui y marche avec nous.

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Des amis aiment se rencontrer
« Loin des yeux, loin du cœur ! » L’amitié résiste mal à l’éloignement ; l’intimité avec le Seigneur ne tiendra que si on le rencontre souvent. Lui est toujours fidèle, toujours près de nous, toujours prêt à nous faire grandir. Le sarment doit être en relation constante avec le cep pour porter du fruit.

Il y a bien des manières de le rencontrer Dieu. On le trouve en particulier dans la prière quotidienne, qu’elle soit personnelle ou collective. Jésus, en effet, nous a demandé de prier dans le secret d’un cœur à cœur qu’il est le seul à connaître, mais il a assuré aussi qu’il était présent au milieu de ceux qui sont réunis en son nom : famille, mouvements d’Église, assemblée dominicale. Les sacrements de l’eucharistie et de la réconciliation sont, bien sûr, des rencontres privilégiées et indispensables à la vie chrétienne.

La Toussaint, notre fête ?
Pas vraiment encore ! Mais nous y sommes tous invités. Le 1er novembre, nous fêtons en Église tous ceux et celles qui sont devenus « parfaits amis » de Dieu. Quand on se rend à une grande fête, on entend de loin le son de la musique et des danses, on aperçoit déjà les lumières. Avant même d’être arrivé, on commence à participer à la fête. Ainsi, cette fête de la Toussaint est-elle déjà un peu notre fête. Notre amour est encore bien imparfait, mais Dieu sait lire dans nos cœurs nos désirs et nos efforts.

Dans sa miséricorde, il prépare déjà la robe nuptiale qui fera que la Toussaint sera alors vraiment notre fête.

Père Jacques Roubert, s.j.




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